| " Si l’observation
d’un « top » unique suffit à fournir un signal
horaire et à donner la solution du problème des longitudes
en mer, il est clair qu’elle serait tout à fait insuffisante
pour fixer la valeur précise qu’une différence de
longitudes.
Ce n’est plus alors, en effet, avec une approximation de 0,5 seconde
qu’il s’agit de connaître l’heure du méridien
origine mais avec une approximation de quelques 100 èmes de seconde.
On a obtenu le résultat voulu en apportant une modification judicieuse
au procédé d’envoi des signaux horaires. Cette modification
consiste à substituer à l’émission unique une
série d’émissions rythmées commandées
par un pendule de manière à pouvoir mettre en œuvre
la méthode des coïncidences de Borda.
Le pendule qui commande les émissions est un pendule Lippmann à
entretien électromagnétique, qui a été adapté
d’une manière fort ingénieuse à l’objet
en vue (par M. Claude).
Le dispositif de commande du relais est constituée par deux cercles
a et b en fils d’argent qui sont respectivement fixé à
deux supports m et n et sont intercalés dans le circuit qui comprend
la pile P est le relais R.

Une petite pièce en argent K, porté par le pendule, vient
fermer le circuit au moment où il passe par la verticale.
Le contact se produit pendant une durée assez longue pour assurer
la sécurité de fonctionnement du relais R : cette durée
peut d’ailleurs être réglée à l’aide
de vis micrométriques qui permettent de déplacer les supports
m et n. D’autre part, les cercles en fil d’argent constituent
des ressorts extrêmement doux dont l’élasticité
n’apporte aucun trouble au mouvement du pendule.
A chaque battement de pendule, le relais est actionné et ferme
le circuit du manipulateur disposés sur le circuit d’alimentation
du transformateur du poste radiotélégraphique.
Aux battements successifs correspondent ainsi une série
d’étincelles périodiques qui se traduisent dans le
téléphone d’un récepteur de TSF par des signaux
brefs qui se succèdent avec le même rythme.
Il est dès lors très facile de comparer entre elles deux
pendules placées entre deux stations quelconques A et B en se servant
comme intermédiaire du pendule de la troisième station C
(radiotélégraphique). Pour pouvoir appliquer la méthode
des coïncidences, on règle la longueur du pendule de la station
C de manière à ce que la durée d’une oscillation
soit légèrement supérieure à la durée
des battements des pendules et des chronomètres à comparer.
De l’observation des coïncidences obtenues dans les deux stations
A et B, on déduit aisément l’heure précise
que marque l’une des pendules par rapport à l’autre.
Pour signaler sans erreur possible l’origine des battement, on se
sert de l’artifice très simple communément employé
par les astronomes, qui consiste à supprimer une émission
sur soixante, c'est-à-dire à ouvrir pendant un instant,
toutes les 59 émission, le circuit du relais que commande le pendule.
Pour prendre les comparaisons radiotélégraphiques, on se
sert d’une méthode tout à fait analogue à celle
qui a été appliquée, en 1906, par l’observatoire
de Montsouris (sous la direction du commandant Guyou), à la détermination
des longitudes par le téléphone.
Elle consiste, en principe, à superposer dans un même récepteur
téléphonique les battements des deux instruments, pendule
ou chronomètre, que l’on veut comparer, en transmettant directement
le bruit même du battement à l’aide d’un microphone
introduit dans la boîte de l’instrument.
Dans le cas présent, les battements du pendule étant transmis
par TSF et reçus au son, le dispositif ne comporte en principe
qu’un seul microphone, celui du chronomètre local. Ce microphone
est intercalé dans le primaire d’une petite bobines d’induction
dont le secondaire et disposé en dérivation sur le téléphone
du récepteur de TSF. Des résistances réglables, intercalées
dans le circuit primaire (circuit du microphone) et dans le circuit secondaire
(circuits du récepteur téléphonique), permettent
d’égaliser l’intensité des battements transmis
par le microphone local et par TSF.
Les premiers essais de la méthode furent faits tout d’abord
en janvier 1910 entre la tour Eiffel et l’Observatoire de Montsouris.
En juillet 1910, une série d’expériences fut entreprise
entre Montsouris et Brest pour comparer les résultats obtenus en
faisant usage de la TSF d’une part et d’une ligne téléphonique
d’autre part, suivant le procédé employé, en
1906, par l’observatoire de Montsouris est que nous avons rappelé
plus haut. Les observateurs, à paris, étaient MM. A. Claude
et Driencourt ; A Brest, les commandants Perret et Tissot.
Ces expériences permirent de constater que la précision
obtenue était sensiblement la même dans les deux cas et de
l’ordre de 1/100 de seconde de temps.
Ces résultats montrent que les erreurs dues à la propagation
et aux inerties mécaniques et électriques des divers appareils
sont pratiquement négligeables.
De nouvelles expériences ont été entreprises par
le Bureau des Longitudes entre Paris et Bizerte. Elles ont été
d’autant plus concluantes, que la détermination des différences
de longitudes a été faite, indépendamment de la TSF,
par deux séries distinctes d’opérations astronomique
effectuées les unes ou moyen de lunettes méridiennes, les
autres à l’aide de astrolabes à prismes (Claude et
Driencourt).
Les remarquables inscriptions graphiques des signaux rythmés de
la tour Eiffel, obtenus récemment par M. Abraham à Arlington
(Etats-Unis), permettent d’espérer que, dans un avenir prochain,
il sera possible grâce à la TSF, non seulement d’effectuer
les opérations géodésiques des régions encore
imparfaitement connues de l’ancien continent (intérieur de
l’Afrique, par exemple) mais de les relier, à travers l’Atlantique,
à celles du nouveau continent. ".
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