Noel Le Henaff vient de nous quitter, terrassé en quelques semaines par une terrible maladie.
Christelle et moi-même avons perdu un ami très cher.
Au delà de notre propre peine et de notre chagrin, nous nous associons à l’immense douleur de sa famille, à qui nous présentons nos sincères condoléances.
L’injuste ankou vient aussi de faucher un des plus passionnés et des plus précis intervenants parmi la communauté du patrimoine maritime Breton.
Ses nombreux articles dans la presse quotidienne ou périodique, régionale autant que nationale, ont grandement participé à faire connaître des pans entiers de ce patrimoine. Certains de ses ouvrages, comme ceux concernant Jean-Marie Le Bris ou les phares des côtes de France, sont et resteront des références dans leur domaine.
Mais Noel ne se contentait pas d’écrire. Cet infatigable curieux de tout allait sur le terrain, voir les choses et les hommes, et était très impliqué dans la vie associative. Il adorait faire découvrir aux autres ce que lui-même avait trouvé dans ses recherches …
Noel était aussi un Homme. Un comme on en rencontre encore parfois, ami indéfectible et passionné, capable d’entraide et de générosité jusqu’à l’abnégation. Je l’avais rencontré quand je commençais mes propres travaux sur Camille Tissot, voici trois ans. Il nous avait fait un très joli article, à l’occasion duquel je lui avais présenté Christelle Sochal-Tissot.
La magie avait pris de suite et nous étions devenus tous les trois de vrais amis, partageant nos passions et nos rêves. Le dossier Tissot l’avait passionné, et il nous a très souvent donné la main pour nous aider, dés qu’il le pouvait. C’était un généreux …
C’est avec émotion que j’ai, ce matin, revu les films tournés en 2008 au cénotaphe, et écouté les enregistrements préparatoire à un de ces articles.
Car cet imposant bonhomme, en réalité très timide, était aussi un grand rêveur, malicieux et persuasif. Il aimait à dire de lui-même qu’il était un peu « déjanté », mais pourtant il était passionnant tant sa vie avait été riche et sa passion des hommes et de la vie communicative.
Il était capable de s’occuper de la population des chats du port-Rhu, mais également de faire une collection de bouées de haute mer. Aucun rêve, aucun projet n’était trop grand pour sa curiosité naturelle.
Noel me manque déjà.
Et j’ai aussi le regret de ce repas, remis depuis le début de l’été, que nous devions faire ensemble, entre garçons, comme cela nous arrivait parfois. J’étais sur de passer un excellent moment, car il me faisait entrer dans son monde, et le temps ne comptait plus.
Nous devions aussi nous voir, avec Christelle, vers le début aout pour fêter la fin de l’article que nous avait commandé une revue maritime, grâce à sa recommandation.
Je suis certain qu’il va continuer à nous accompagner par la pensée. Il savait et répétait que les choses se passent ainsi : « Ne vous inquiétez pas pour moi, je reste en confiance avec les éléments et la nature. Je crois que l’on ne meurt pas, nous restons quelque part, et nous envoyons des signaux ».
Amitiés et courage à sa famille.
Jean-Luc Fournier / Christelle Sochal-Tissot
(Photos en PJ : "Le Télégramme", Noel Le Hénaff.
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